L’Injil a t-elle été corrompue par l’apôtre Paul ou d’autres auteurs de la bible?

Ceci est une très bonne question. Le risque cependant est de se la poser en ayant déjà à l’esprit une réponse superficielle.“ Bien sûr que l’Injil a été corrompue par Paul ou un des autres auteurs de la bible (al Kitab)”, peut-on répondre hâtivement sans vraiment trop y réfléchir, simplement par ce que c’est ce que l’on a entendu dire. Ou alors on peut penser “Bien sur que non! Quelle drôle d’idée” et là encore sans vraiment savoir pourquoi si ce n’est que c’est ce que l’on nous a enseigné. Ceci est le risque pour tout ceux qui s’interrogent sur les Livres Sacrés. Soit on rejette leur caractère sacré sans y réfléchir – parce que l’on nous a enseigné à penser qu’il n’y a pas vraiment de livres sacrés – ou alors on rejette la question d’emblée parce que, encore une fois, elle n’est pas en phase avec ce que l’on a appris.

Autres sources que Paul à l’origine de l’écriture du Nouveau Testament

Gardant ces considérations à l’esprit, je souhaite partager mon opinion et mon raisonnement sur ce sujet. Considérons d’abord les auteurs autres que Paul. Ces auteurs furent les disciples d’ Isa (PSL), ses compagnons. C’était ceux qui le suivaient, l’écoutaient, discutaient de ce qu’il faisait et ce dont il parlait à la fois en privé et en public. Certains d’entre eux, tels que Jean, Mathieu et Pierre faisaient parti des 12 plus proches d’Isa. Ils écrivirent huit des livres du Nouveau Testament. D’autres, tel que Marc, faisaient parti d’un autre groupe de proches sympathisants d’Isa (PSL). Les autres auteurs (en dehors de Paul) étaient les frères d’Isa (PSL) – Jacques et Jude. Ils grandirent avec Isa (PSL) et après la passage d’Isa (PSL), Jacques devint le leader des disciples à Jérusalem. Il est d’ailleurs fait mention de Jacques dans les textes historiques juifs du 1er siècle après J.C. Durant ce siècle, un grand historien militaire, du nom de Flavius Josèphe, écrivit plusieurs livres d’histoire pour les Empereurs romains de l’époque. Dans un de ces livres, relatant les événements se déroulant à Jérusalem en l’an 62 ap. J.C (32 ans après la passage d’Isa), il décrivit comment Jacques, le frère d’Isa, fut martyrisé par les juifs, ses concitoyens. Voici la façon dont il relate les faits:

« Anan (le haut prêtre) était impulsif. Proches des Saducéens, qui étaient impitoyables lorsqu’ils se trouvaient à juger lors d’une accusation, Anan pensait que Festus, étant mort et Albinus étant toujours en chemin il aurait l’opportunité d’exercer son autorité. Convoquant les juges du Sanhedrin (le conseil juif en place) il leur amena un homme nommé Jacques, le frère de Jésus qui était Il les accusa d’avoir transgressé la loi, et les condamna à être lapidé. » Flavius Josèphe. 93 AD. Antiquités xx 197.

Comme l’explique Flavius Josèphe, Anan, venait juste d’être nommé haut prêtre à Jérusalem en 62 AD. Il régnait à ce moment là une agitation politique. Anan profita de cette opportunité pour condamner Jacques à mort. Trente ans auparavant, son père (qui s’appelait également Anan) avait condamné Isa à mort (PSL) et Anan, le fils, saisi l’opportunité pour faire de même avec Jacques. Ainsi, Jacques devint une cible du fait de son rôle de leader à Jérusalem avec les disciples d’Isa al Masih son frère (PSL), à Jérusalem.

Que dit le Coran à propos des disciples d’Isa (PSL)?

Il s’agit donc là ces hommes qui écrivirent les livres du Nouveau Testament – autres que les livres de Paul. Afin de juger si oui ou non ils corrompirent l’Injil nous pouvons tout d’abord examiner ce que dit le Coran. J’ai trouvé l’ayat suivant:

Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité de leur part, il dit: ‹Qui sont mes alliés dans la voie d’Allah?› Les apòtres dirent: ‹Nous sommes les alliés d’Allah. Nous croyons en Allah. Et sois témoin que nous Lui sommes soumis.  Seigneur! Nous avons cru à ce que Tu as fait descendre et suivi le messager. Inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent›.(Surah 3: 52-53 al-Imran)

Et quand J’ai révélé aux Apòtres ceci: ‹Croyez en Moi et Mon messager (Jésus)›. Ils dirent: ‹Nous croyons; et atteste que nous sommes entièrement soumis›.(Surah 5:111 – al Maidah)

Ces ayat nous disent de façon simple que les disciples d’Isa (Jésus – PSL) étaient a) les aides d’Isa b) Les aides d’Alla, c) et étaient inspirés par Allah à avoir foi en Isa (PSL). Les disciples, dont il s’agit ici dans le Coran, ne sont nul autres que Mathieu, Pierre et Jean qui ont écrit huit des livres du Nouveau Testament, deux d’entre eux étant des livres de l’Evangile (Evangiles de Mathieu et de Jean). Quant à Marc, proche également d’Isa mais ne faisant pas parti des 12, il a écrit un des quatre évangiles. Il semblerait que si l’on croit au Coran, alors on devrait également accepter les écrits de ces disciples. Ces auteurs n’aurait absolument pas pu corrompu l’Injil. Lorsque l’on étudie les évangiles, les textes des disciples se trouvent confirmés par le Coran. Paul n’a pas écrit de récit évangélique, mais plutôt des lettres sacrées.

Au Canada où j’habite actuellement, peu de personnes reconnaissent le fait qu’il puisse y avoir un livre provenant d’Allah lui même. L’existence de la bible ou du coran ne signifie pas qu’ils en acceptent le contenu. Ils préfèrent en fait des sources historiques séculières parce que, à leurs yeux, elles sont plus objectives. Mais, nous avons pu voir dans les textes de l’historien Flavius Josèphe référencé ci-dessus qu’il y a des fondements solides permettant d’accepter les textes de Jacques et par extension, ceux de son autre frère Jude. Qu’elles soient de sources séculières ou coranique, il existe des raisons logiques d’accepter les livres du nouveau testament dont Paul n’est pas l’auteur.

Le Témoignage de Isa (PSL) : La Torah et le Zabour sont les premiers modèles

Qu’en est-il d’Isa (PSL) lui même ? Que voulait-il donner de témoignage que nous devrions accepter? Remarquez d’où qu’il appel à un témoignage inaltérable de lui même et de son message.  Nous voyons ici qu’Isa PSL (qui parle) utilise la Torah (livre de Musa ou Moïse – PSL) pour corriger toute erreur au sein des experts de la loi juive (Sharia).

«En ce qui concerne la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse ce que Dieu lui a dit, dans l’épisode du buisson: Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob?  Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l’erreur.» Marc 12:26-27

Et ici nous voyons qu’Isa (PSL) se réfère d’abord à la Torah puis au Zabour (les prophètes et les psaumes) pour clarifier son rôle en tant que Messie (ou Masih).

Alors Jésus leur dit: «Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes!  Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu’il entre dans sa gloire?» Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. Luc 24:25-27

Puis il leur dit: «C’est ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous: il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.» Alors il leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils comprennent les Ecritures (Luc 24:44-45)

Et ici encore nous voyons qu’Isa (PSL) se réfère tout d’abord à la Torah (textes de Moïse) pour juger le rôle du Messie (Masih).

En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles? (Jean 5:46-47)

Nous voyons d’abord qu’Isa (PSL) fait référence à Moïse (la Torah), puis aux Prophètes et aux Psaumes (le Zabour) pour expliquer le rôle et la mission du Messie (Masih). De la même façon, j’ai choisi d’examiner dans un premier temps la Torah pour initier mon travail de recherche.  Les textes se trouvant dans Signes de Adam, Cain&Abel, Noe, etc.. trouvent leur origine dans la Torah (et le Coran). Isa (PSL) nous encourage à initier notre réflexion par l’étude de la Torah dans laquelle nous apprenons comment les Signes permettent de comprendre les mystères de l’Injil.

A propos de Paul

Et Paul ? Qu’en est-il de ces textes ? Comment devons nous les considérer?  L’étude de la Torah et du Zabour (la connaissance des signes communiqués par Allah), et l’étude des livres des disciples et frères d’ Isa (PSL) nous donne une connaissance suffisante pour discerner si les écrits de Paul contredisent ou confirment ce que nous avons précédemment appris. Sans cette connaissance des textes fondamentaux, il est impossible de savoir réellement si les textes de Paul ont été corrompus ou pas. Afin de maintenir la légitimité de notre recherche nous ne nous référerons pas à Paul parce que ses références sont parfois remis en question.

Quand j’habitais en Algérie, j’étais entouré de personnes qui parlaient arabe et j’entendais la langue tout le temps. Malgré tout, comme je ne connaissais pas la langue arabe, je n’étais pas capable de décider si ce que j’entendais était de l’arabe correct ou pas. Les limites pour estimer la qualité de la langue étaient en moi et non chez les personnes qui parlaient autour de moi. Je n’avais pas assez de connaissance pour juger correctement. Il y a quelques années, j’ai suivi un cours de langue arabe. J’ai entendu un bon nombre de personnes (issues de professions variées) qui m’ont dit que la personne qui donnait ce cours parlait un arabe « correct ». Il avait la réputation d’être un bon enseignant. C’est ainsi qu’en suivant ce cours, que je savais de bonne qualité, j’ai commencé à apprendre un peu d’arabe. Malheureusement, je n’ai pas pu poursuivre le cours. Cependant, si je l’avais fait, j’aurai été un jour en mesure de discerner si l’arabe que j’entendais était un arabe correct ou non.

Nous utilisons exactement le même procédé pour développer une compréhension solide des Signes d’Allah. On commence donc par la Torah, considérée de façon unanime comme étant correct, puis par les écrits des disciples. Ces bases nous permettent de juger si d’autres écrits, tels que ceux de Paul, ont été corrompus ou non. Le risque pour tout ceux qui sont en quête du Droit Chemin est soit d’accepter trop facilement, comme étant une révélation, ce qui devrait être rejeté ou alors de rejeter trop hâtivement les livres qu’Allah a destiné pour notre enrichissement. En procédant de cette façon, dans l’humilité et la prière devant Allah, en lui demandant de nous guider, nous avons l’assurance de ne pas tomber dans l’erreur et ainsi de rester dans le droit chemin.

4 réflexions au sujet de « L’Injil a t-elle été corrompue par l’apôtre Paul ou d’autres auteurs de la bible? »

  1. Aucun des évangélistes n’ été contemporain de Jésus. Aucun des évangiles n’a été écrit avant 170 ans après Jésus. Les sources catholiques mentionnent que les évangiles ont été baptisés des noms des apôtres juste pour les différencier. Lisez <> de HANS KUNG théologien de l’université catholique de Tübingen. Et les 60 évangiles qu’ont dit apocryphes ?corrompu ou non ?

    • Je suis désolé, mais vos informations sont incorrectes. Si vous voyez mon article sur la fiabilité du texte de la Bible, vous verrez que les érudits ont trouvé des copies des évangiles en date du 125 AD et d’autres à partir de 150 après JC. Si les copies sont en existence à 125 AD, puis l’original n’aurait pas pu être écrit en 170 AD

  2. Je persiste dans mon idée, Paul ne pouvait pas être un apôtre et, même s’il n’a pas écrit lui-même (il était polyglotte car, ce juif citoyen romain, écrivait le latin, le grec et l’hébreu, au minimum) il a fortement influencé au moins un évangile, celui de Luc, qui est aussi l’auteur des Actes des Apôtres. Luc n’a jamais connu Aïssa -PSL- et n’était qu’un disciple de Paul, celui-là même qui persécutait Aïssa -PSL- et s’était juré sa perte, celle de ses Apôtres ainsi que celle de tous ses disciples, en bon juif qu’il était. Vous m’avez redirigé vers cet article au sujet de Paul, vous n’avez rien apporté d’édifiant. Je persiste à dire qu’aucun des évangélistes n’était un des Apôtres. La véritable Évangile ne peut avoir été écrite qu’en la langue parlée par Aïssa -PSL- et ses Apôtres ou en hébreu, qui était la langue parlée par les juifs à Jérusalem. Que l’Évangile ait été traduit en grec ne m’incline pas d’avantage à croire que celle-ci soit conforme à l’original. Pour moi, les premières conversions se sont effectuées dans l’environnement proche de la Palestine, c’est à dire (en pays actuels) le Liban, la Jordanie, la Syrie, la Turquie, l’Égypte, Chypre … La majorité de ces pays ne parlaient plus le grec depuis plusieurs siècles, pourquoi donc avoir traduit l’Évangile en grec, il y a un non-sens. Ceci sans compter que Aïssa -PSL- avait mission après des juifs uniquement, pour qu’ils cessent certaines pratiques prohibées par Dieu et qu’ils persistaient à accomplir en transgressant ses commandements et ses interdits (usure, tromperie, parasitisme des prêtres … Et Aïssa -PSL- n’a jamais abrogé la circoncision ni la consommation de nourriture impure selon la Thora.
    Pour ma part, de par ma croyance, je suis dans l’orthodoxie prônée par Dieu dans le Qur’an, je crois au message de tous les envoyés et en tous les prophètes. Leurs messages et leurs révélations sont un enchainement clair et limpide avec, pour seules variations les époques et les langues. Ma recherche de la Foi m’a mené à m’intéresser à plusieurs religions, y compris le Bouddhisme, le Judaïsme, le Catholicisme, le Protestantisme, le Christianisme Méthodiste, le Mormonisme et L’Islam. Je n’ai même pas exclu de lire la doctrine Bahaïste ni celle des Ahmadis. Même si j’ai trouvé beaucoup de choses intéressantes dans l’Ancien et le Nouveau Testament, c’est vraiment en relation avec l’orientation du Qur’an dans lequel Dieu nous exhorte à consulter les Livres précédents. Je continue à lire ces livres et, à chacune de mes lectures, je ne peux m’empêcher de relever des erreurs ou des omissions dans la Thora et toutes les Évangiles, quelle que soit leur église ou leur temple d’obédience. Ces erreurs sont peut-être le fait de copistes dans les temps anciens, toujours est-il qu’elles sont validées par les autorités religieuses chrétiennes. Pour la Thora, c’est plus un mélange entre des faits qui se sont déroulés à des époques différentes et qu’on confond dans un même temps ou, au contraire, le même fait repris à des époques différentes, très éloignées les unes des autres. Ceci au fait que la narration de certains évènements semble incomplète comme si une partie manquait par omission volontaire ou involontaire.

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