Le Coran n’a pas été modifié ! Que disent les hadiths ?

« Le Coran est l’écriture originale – même langue, mêmes lettres et même récitation.  Il n’y a pas de place pour l’interprétation humaine ou la traduction corrompue … Si vous prenez un exemplaire d’un Coran dans n’importe quel pays du monde, je doute que vous trouviez une différence entre eux ».

Un ami m’a envoyé cette note.  Il comparait le texte du Saint Coran avec celui de l’Injil/Bible.  Il existe vingt-quatre mille manuscrits anciens de l’Injil et ils présentent des variations mineures, où seuls quelques mots varient. Bien que tous les thèmes et les idées soient les mêmes dans les 24 000 manuscrits, y compris le thème d’Isa al Masih qui nous rachète au travers de sa mort et sa résurrection, on prétend souvent, comme ci-dessus, qu’il n’y a pas eu de variation dans le Coran.  Cela est considéré comme une indication de la supériorité du Coran sur la Bible, et une preuve de sa protection miraculeuse.  Mais que nous disent les hadiths sur la formation et la compilation du Coran ?

La création du Coran, du prophète aux califes

Raconté par `Omar bin Al-Khattab :

J’ai entendu Hisham bin Hakim bin Hizam en train de réciter la Sourate Al-Furqan d’une manière différente de la mienne. Le Messager d’Allah me l’avait enseigné d’une manière différente. J’étais donc sur le point de me disputer avec lui (pendant la prière) mais j’ai attendu qu’il ait fini, puis j’ai noué son vêtement autour de son cou et je l’ai saisi par ce dernier et l’ai amené au Messager d’Allah et j’ai dit : « je l’ai entendu réciter la Sourate Al-Furqan d’une manière différente de celle que vous m’avez enseignée. » Le Prophète m’a ordonné de le libérer et a demandé à Hisham de le réciter. Quand il l’a récitée, l’apôtre d’Allah a dit : « Elle a été révélée de cette façon. » Il m’a alors demandé de le réciter. Quand je l’ai récité, il a dit : « Il a été révélé de cette façon. Le Coran a été révélé de sept manières différentes, alors récitez-le de la manière qui vous est la plus facile.»

Sahih al-Bukhari 2419; Livre 44, Hadith 9

Raconté par Ibn Mas`ud :

J’ai entendu une personne réciter un verset (coranique) d’une certaine manière, et j’avais entendu le Prophète réciter le même verset d’une manière différente. Je l’ai donc emmené voir le Prophète et je l’ai informé de cela, mais j’ai remarqué le signe de désapprobation sur son visage, et alors il a dit, « vous avez tous les deux raison, alors ne différez pas, car les nations avant vous différaient, alors elles ont été détruites. »   

al-Bukhari 3476; Livre 60, Hadith 143

Ces deux personnes nous disent clairement que du vivant du Prophète Mohamed (PSL), il existait plusieurs versions différentes de la récitation du Coran qui étaient utilisées et approuvées par Mohamed (PSL).  Que s’est-il donc passé après sa mort ?

Abou Bakr et le Coran

Raconté par Zaid bin Thabit :

Abu Bakr As-Siddiq m’a fait venir quand le peuple de Yamama a été tué (c’est-à-dire qu’un certain nombre de Compagnons du Prophète ont combattu contre Musailima). (Je suis allé le voir) et j’ai trouvé `Omar bin Al-Khattab assis avec lui. Abu Bakr a alors dit (à moi) : « Omar est venu me voir et m’a dit » les pertes ont été lourdes parmi les Coraniques (c’est-à-dire ceux qui connaissaient le Coran par cœur) le jour de la bataille de Yamama, et je crains que d’autres pertes plus lourdes ne surviennent parmi les Coraniques sur d’autres champs de bataille, ce qui entraînerait la perte d’une grande partie du Coran. Par conséquent, je vous suggère d’ordonner (Abou Bakr) que le Coran soit « Comment pouvez-vous faire quelque chose que l’Apôtre d’Allah n’a pas fait ? »  recueilli. J’ai dit à `Omar, `Omar a dit, « Par Allah, c’est un bon projet. » `Omar a continué à me pousser à accepter sa proposition jusqu’à ce qu’Allah m’ouvre la poitrine pour ça et j’ai commencé à réaliser le bien dans l’idée qu’`Omar avait réalisée. » Alors Abu Bakr a dit (à moi). « Tu es un jeune homme sage et nous n’avons aucun soupçon à ton égard, et tu avais pour habitude d’écrire l’Inspiration divine pour le Messager d’Allah (). Tu devrais donc rechercher (les fragments) du Coran et le rassembler dans un seul livre ».Par Allah S’ils m’avaient ordonné de déplacer une des montagnes, elle n’aurait pas été plus lourde pour moi que cet ordre de ramasser le Coran. Alors j’ai dit à Abu Bakr : « Comment feras-tu quelque chose que le Messager d’Allah () n’a pas fait ? » Abu Bakr a répondu : « Par Allah, c’est un bon projet. » Abu Bakr n’a cessé de me pousser à accepter son idée jusqu’à ce qu’Allah m’ouvre la poitrine pour ce qu’Il avait ouvert les poitrines d’Abu Bakr et d’`Omar. J’ai donc commencé à chercher le Coran et à le recueillir (ce qui était écrit sur) des tiges de palmier, de fines pierres blanches et aussi des hommes qui le connaissaient par cœur, jusqu’à ce que je trouve le dernier verset de la sourate at-Tauba (Repentir) avec Abi Khuzaima Al-Ansari, et je ne l’ai trouvé avec personne d’autre que lui. Le verset est : « En vérité, un apôtre (Muhammad) vous est venu du milieu de vous. Il lui est pénible que vous soyez blessés ou que vous ayez des difficultés… (jusqu’à la fin de la Sourate-Baraa’ (at-Tauba) (9.128-129). Ensuite, les manuscrits complets (copie) du Coran sont restés avec Abu Bakr jusqu’à sa mort, puis avec `Omar jusqu’à la fin de sa vie, et enfin avec Hafsa, la fille de `Omar.

al-Bukhari 4986; Livre 66, Hadith 8

C’était à l’époque où Abu Bakr était calife, succédant directement à Mohamed (PSL).  Il nous dit que Mohamed (PSL) n’avait jamais rassemblé le Coran dans un texte standard ou donné une quelconque indication qu’une telle chose devait être faite.  Avec de lourdes pertes au combat parmi ceux qui connaissaient le Coran de mémoire, Abu Bakr et Umar (il est devenu le 2ème calife) ont persuadé Zaid de commencer à collecter un Coran à partir de sources diverses.  Au début, Zaid était réticent car Mohamed (PSL) n’avait jamais indiqué qu’il était nécessaire d’uniformiser le texte.  Il avait fait confiance à plusieurs de ses compagnons pour enseigner le Coran à leurs disciples, comme nous le dit l’hadith suivant.

Raconté par Masriq :

Abdullah bin Amr a mentionné Abdullah bin Masud et a dit : « J’aimerai toujours cet homme, car j’ai entendu le Prophète (ﷺ) dire : « Prenez (apprenez) le Coran à partir des quatre : Abdullah bin Masud, Salim, Mu`adh et Ubai bin Ka`b.

al-Bukhari 4999; Livre 66, Hadith 21

Cependant, après la mort du Prophète (PSL), des désaccords sont apparus entre les compagnons à cause de ces variantes de récitation.  Le hadith ci-dessous relate un conflit concernant la sourate 92:1-3 (Al-Layl – La nuit).

Raconté par Ibrahim :

Les compagnons d’Abdullah (bin Mas`ud) sont venus à Abu Darda, (et avant qu’ils n’arrivent chez lui), il les a cherchés et les a trouvés. Il leur demanda alors : « Qui parmi vous peut réciter (le Coran) comme Abdullah le récite ? Ils lui ont répondu : « Nous tous. » Il leur a demandé : « Qui parmi vous le connaît par cœur ? » Ils ont pointé du doigt ‘Alqama. Puis il a demandé à Alqama. « Comment avez-vous entendu Abdullah bin Mas`ud réciter la Sourate Al-Lail (La Nuit) ? » Alqama a récité : « Par l’homme et la femme. Abu Ad-Darda a dit : « Je certifie que j’ai entendu mon prophète réciter la même chose, mais ces gens veulent que je la récite : ‘Et par Celui qui a créé l’homme et la femme’, mais par Allah, je ne les suivrai pas. »

Bukhari Vol. 6, livre 60, Hadith 468

Le Coran d’aujourd’hui a la 2e lecture de la sourate Al-Layl 92:3.  Il est intéressant de noter qu’Abdullah, qui est l’un des quatre membres du précédent hadith spécialement désigné par le prophète Mohamed (PSL) comme une référence en matière de récitation coranique, et Abu Ad-Darda ont utilisé une récitation différente pour ce verset et n’ont pas voulu suivre les autres.

Le hadith suivant montre que des régions entières de l’empire islamique suivaient des récitations différentes, au point que l’on pouvait vérifier d’où venait quelqu’un par la récitation qu’il utilisait.  Dans le cas ci-dessous, les Irakiens de Kufa suivaient la récitation de la sourate 92:1-3 d’Abdullah bin Mas’ud.

J’ai rencontré Abu Darda », et il m’a dit : À quel pays appartenez-vous ? Je lui ai répondu : Je fais partie du peuple irakien. Il m’a répondu à nouveau : À quelle ville ? J’ai répondu : La ville de Kufa. Il a répété : Récitez-vous selon la récitation de ‘Abdullah b. Mas’ud ? Je lui ai répondu : Oui. Il m’a répondu : Récite ce verset (Par la nuit quand il couvre) Alors je l’ai récité : (Par la nuit quand il couvre, et le jour quand il brille, et la création du mâle et de la femelle). Il a ri et a dit : J’ai entendu le Messager d’Allah (ﷺ) réciter ainsi.

Muslim Book 6, Hadith 346

Narration faite par Ibn `Abbas :

`Umar a dit : Ubai était le meilleur d’entre nous dans la récitation (du Coran) et pourtant nous laissons une partie de ce qu’il a récité. ’ Ubai dit : « Je l’ai pris de la bouche du Messager d’Allah (ﷺ) et je ne partirai pour rien au monde. » Mais Allah a dit : « Nous n’abrogeons ou ne faisons oublier aucune de nos révélations, mais nous y substituons quelque chose de meilleur ou de similaire.  » 2.106

Boukhari. Livre 66, Hadith 27

Bien qu’Ubai ait été considéré comme « le meilleur » dans la récitation du Coran (il était l’un de ceux cité par Mohamed (PSL) ), d’autres membres de la communauté ont omis certaines de ses récitations.  Il y avait un désaccord sur ce qui devait être abrogé et ce qui ne l’était pas.  Les désaccords sur les variantes de lecture et l’abrogation provoquèrent des tensions. Nous voyons dans le hadith ci-dessous comment ce problème a été résolu.

Le calife Othman et le Coran

Récité par Anas bin Malik :

Hudhaifa bin Al-Yaman est venu à `Othman au moment où le peuple de Sham et le peuple d’Irak faisaient la guerre pour conquérir l’Arminya et l’Adharbijan. Hudhaifa avait peur de leurs différences (entre le peuple de Sham et le peuple irakien) dans la récitation du Coran, alors il a dit à `Othman : « Ô chef des croyants ! Sauve cette nation avant qu’ils ne divergent sur le Livre (Coran) comme l’ont fait auparavant les juifs et les chrétiens ». Alors `Othman a envoyé un message à Hafsa disant, « Envoyez-nous les manuscrits du Coran afin que nous puissions compiler le matériel coranique en copies parfaites et vous renvoyer les manuscrits. Hafsa l’a envoyé à `Othman. `Othman a alors ordonné à Zaid bin Thabit, `Abdullah bin AzZubair, Sa`id bin Al-As et `AbdurRahman bin Harith bin Hisham de réécrire les manuscrits en copies parfaites. `Othman dit aux trois hommes du Coran : « Au cas où vous seriez en désaccord avec Zaid bin Thabit sur un point quelconque du Coran, alors écrivez-le dans le dialecte du Coran, le Coran a été révélé dans leur langue. » Ils le firent, et lorsqu’ils eurent écrit de nombreuses copies, `Othman renvoya les manuscrits originaux à Hafsa. `Othman a envoyé à chaque province musulmane une copie de ce qu’ils avaient copié, et a ordonné que tous les autres documents coraniques, qu’ils soient écrits dans des manuscrits fragmentaires ou des copies entières, soient brûlés.

al-Bukhari 4987; Livre 66, Hadith 9

C’est pourquoi il n’y a pas de variantes de lecture aujourd’hui. Ce n’est pas parce que le prophète Mohamed (PSL) n’a reçu ou utilisé qu’une seule récitation (il en a utilisé sept), ni parce qu’il a compilé un Coran qui fait autorité. Il ne l’a pas fait… En fait, si vous cherchez « différentes récitations » dans la sunnah en ligne, vous trouverez 61 hadiths qui traitent de différentes récitations du Coran. Le Coran d’aujourd’hui ne varie pas car Uthman (3ème calife) a pris une des lectures, l’a éditée, et a brûlé toutes les autres récitations. Les hadiths suivants montrent comment cette édition est toujours présente dans le Coran d’aujourd’hui.

Narration d’Ibn `Abbas :

Umar a dit : « Je crains qu’après un long moment, les gens ne disent : « Nous ne trouvons pas les versets du Rajam (lapidation) dans le Livre Saint », et par conséquent ils peuvent s’égarer en laissant une obligation qu’Allah a révélée. Je confirme que la peine du Rajam sera infligée à celui qui commet un rapport sexuel illégal, s’il est déjà marié et si le crime est prouvé par des témoins ou par une grossesse ou une confession ». Sufyan a ajouté : « J’ai mémorisé cette narration de cette façon. » Oumar a ajouté : « Le Messager d’Allah (ﷺ) a certainement appliqué la peine de Rajam, et nous l’avons fait après lui. »

al-Bukhari 6829; Book 86, Hadith 56

Narration Ibn `Abbas :

… Allah a envoyé Muhammad avec la Vérité et lui a révélé le Livre Saint, et parmi ce qu’Allah a révélé, il y avait le Verset du Rajam (la lapidation d’une personne mariée (homme et femme) qui commet des rapports sexuels illégaux, et nous avons récité ce verset et l’avons compris et mémorisé. Le Messager d’Allah (ﷺ) a bien exécuté le châtiment de la lapidation et nous l’avons fait après lui….

Livre de Boukhari 86, Hadith 57

Aujourd’hui, il n’y a pas de verset sur la lapidation (Rajam) pour adultère dans le Coran.  Il a donc été supprimé.

Raconté par Ibn Az-Zubair : J’ai dit à ‘Uthman : « Ce verset qui se trouve dans Surat-al-Baqara : « Ceux d’entre vous qui meurent et laissent des veuves derrière eux… sans les expulser » a été abrogé par un autre verset. « Pourquoi donc l’écrivez-vous (dans le Coran) ? » Uthman a dit. « Laissez-le (où il est), …, car je ne changerai rien de lui (c’est-à-dire du Coran) par rapport à sa situation initiale. »

Bukhari Vol 6, Livre 60, No 60

Nous voyons ici un désaccord entre Uthman et Ibn Az-Zubair sur la question de savoir si l’abrogation d’un verset signifiait qu’il devait ou non être conservé dans le Coran.  Uthman a obtenu ce qu’il voulait et ce verset se trouve donc dans le Coran aujourd’hui.  Mais il y avait des débats à ce sujet.

Uthman et le chemin de la sourate 9 (At-Tawbah – le repentir)

Uthman ibn Affan raconte :

Yazid al-Farisi a dit : J’ai entendu Ibn Abbas dire : J’ai demandé à Uthman ibn Affan : Qu’est-ce qui vous a poussé à mettre la (sourate) al-Bara’ah qui appartient aux mi’in (sourates) (contenant cent versets) et la (sourate) al-Anfal qui appartient aux mathani (sourates) dans la catégorie des as-sab’u at-tiwal (la première longue sourate ou les premiers chapitres du Coran), et vous n’avez pas écrit « Au nom d’Allah, le Compatissant, le Miséricordieux » entre eux ?

Uthman a répondu : Lorsque les versets du Coran ont été révélés au Prophète (ﷺ), il a appelé quelqu’un pour les écrire pour lui et lui a dit : met ce verset dans la sourate où tel ou tel a été mentionné ; et quand un ou deux versets étaient révélés, il disait de même (à leur sujet). (Sourate) al-Anfal est la première sourate qui a été révélée à Médine, et (Sourate) al-Bara’ah a été révélée en dernier dans le Coran, et son contenu était similaire à celui d’al-Anfal. J’ai donc pensé qu’elle faisait partie d’al-Anfal. Je  les ai donc mis dans la catégorie des as-sab’u at-tiwal (les sept longues sourates), et je n’ai pas écrit « Au nom d’Allah, le Compatissant, le Miséricordieux » entre eux.

Dawud; Livre 2, Hadith 396

La sourate 9 (at Tawbah ou Al Barah) est la seule sourate du Coran qui ne commence pas par « Au nom d’Allah, le Clément, le Miséricordieux ».  Le hadith explique pourquoi.  Uthman pensait que la sourate 9 faisait partie de la sourate 8 car le contenu était similaire.  D’après les questions posées, nous pouvons voir que cela a été controversé au sein de la première communauté musulmane.  Le hadith suivant montre la réaction d’un des Compagnons du Coran d’Uthman.

Abdullah (b. Mas’ud) a rapporté qu’il (a dit à ses compagnons de dissimuler leurs copies du Coran) et a ajouté

Celui qui dissimule quoi que ce soit devra apporter ce qu’il avait dissimulé au jour du jugement, puis il a dit : Après quel mode de récitation m’ordonnez-vous de réciter ? En réalité, récité devant le Messager d’Allah (ﷺ), plus de soixante-dix chapitres du Coran et les Compagnons du Messager d’Allah (ﷺ) savent que je comprends mieux le Livre d’Allah (qu’eux), et si je savais que quelqu’un a une meilleure compréhension que moi, je serais allé le voir. dit Shaqiq : Je me suis assis en compagnie des Compagnons de Moukammad (ﷺ) mais je n’ai entendu personne qui ait rejeté cela (c’est-à-dire sa récitation) ou qui ait trouvé à redire.

Sahih Muslim 2462: Book 44, Hadith 162

Plusieurs choses ressortent :

1.Abdullah b. Masud dit à ses disciples de cacher leur Coran pour une raison quelconque.

2.Il semble avoir reçu l’ordre de quelqu’un d’utiliser une autre récitation. On peut comprendre cela comme une référence à l’époque où Uthman a standardisé sa version du Coran.

3.L’objection d’Ibn Mas’ud à la modification de sa façon de réciter le Coran était la suivante : Je (Mas’ud) comprends mieux le Livre.

4.Shaqiq a déclaré que les Compagnons de Mahomet n’étaient pas en désaccord avec Mas’ud.

Le texte du Coran aujourd’hui

Cependant, après l’édition d’Uthman, il existait encore des variantes de lecture.  En fait, il semble qu’au 4ème siècle après le Prophète (PSL), il y ait eu un retour sanctionné à des lectures différentes.  Ainsi, bien qu’aujourd’hui la principale lecture du texte arabe soit le Hafs (ou Hofs), il existe aussi le Warsh, utilisé principalement en Afrique du Nord, Al-Duri, utilisé principalement en Afrique de l’Ouest et d’autres encore.  Les différences entre ces lectures se situent surtout au niveau de l’orthographe et de quelques légères variations de formulation, généralement sans incidence sur le sens, mais avec quelques différences qui n’ont une incidence sur le sens que dans le contexte immédiat, mais pas dans la pensée plus large.

Il y a donc un choix à faire quant à la version du Coran à utiliser.

Nous avons appris qu’il existe aujourd’hui des variantes de lecture du Coran en arabe, et que celui-ci a fait l’objet d’un processus d’édition et de sélection après la mort du prophète Mohamed (PSL).  La raison pour laquelle il y a si peu de variations dans le texte coranique aujourd’hui est que toutes les autres variantes de texte ont été brûlées à cette époque.  Le Coran n’a pas de notes de bas de page de lecture alternative, non pas parce qu’il n’avait pas de lectures alternatives, mais parce qu’elles ont été détruites.  Uthman a probablement produit une bonne récitation du Coran, mais ce n’était pas la seule, et elle n’a pas été faite sans controverse.   D’où l’idée largement acceptée que le Coran est « l’écriture originale – même langue, mêmes lettres et même récitation ». L’affirmation suivante : « il n’y a pas de place pour l’interprétation humaine » est incorrecte.  Bien que la Bible et le Coran aient tous deux des lectures différentes, ils ont également tous deux des preuves manuscrites solides indiquant que le texte tel qu’il est aujourd’hui est proche de l’original.  Tous deux peuvent nous donner une représentation fiable de l’original.  Nombreux sont ceux qui sont distraits de la compréhension du message des Livres par une vénération excessive du mode de conservation du Coran et un dédain excessif pour le mode de conservation de la Bible.  Nous ferions mieux de nous concentrer sur la compréhension des Livres.  C’est la raison pour laquelle ils ont été donnés en premier lieu.  Un bon point de départ pour se plonger dans les écritures est l’histoire d’Adam.

« Le Coran a remplacé la Bible? » Qu’est-ce qu’en dit le Coran?

Même si nous reconnaissons que le Coran et la Sunna tous les deux confirment que la Bible/al kitab (Thora, Zabour et l’Injil) n’a pas été modifiée ou corrompue (comme je l’ai démontré ici et ici), il laisse toujours ouverte la question de savoir si la Bible (c.-à- al kitab) a été remplacée, voir supplantée, ou annulé par le Coran. Qu’est-ce que le Coran lui-même dit au sujet de cette idée?

Et sur toi (Muhammad) Nous avons fait descendre le Livre avec la vérité, pour confirmer le Livre qui était là avant lui et pour prévaloir sur lui… Sourate 5:48 Al-Maidah (La Table)

Et avant lui, il y avait le Livre de Moïse, comme guide et comme miséricorde. Et ceci est [un livre] confirmateur, en langue arabe, pour avertir ceux qui font du tort et pour faire la bonne annonce aux bienfaisants. Sourate 46:12 Al-Ahqaf (Les Dunes)

Voici un Livre (le Coran) béni que Nous avons fait descendre, confirmant ce qui existait déjà avant lui, … Sourate 6:92 Al-Anam (Les bestiaux)

Et ce que Nous t’avons révélé du Livre est la Vérité confirmant ce qui l’a précédé. Certes Allah est Parfaitement Connaisseur et Clairvoyant sur Ses serviteurs. Sourate 35:31 Al-Fatir (Le Crèateur)

Ces passages parlent du Coran comme ayant confirmé les textes biblique (non pas comme l’ayant remplacé, annulée ou supplantée) le message antérieur de la Bible (c.-à- al kitab). En d’autres termes, ces versets n’enseignent pas que les croyants doivent mettre de côté la révélation précédente et seulement étudier la révélation proclamée dans le Coran. Les croyants sont tenus, donc, à étudier et à obéir à cette révélation antérieure, celle de la Bible/al kitab.

Ceci est également confirmé par les versets qui nous disent qu’il n’y a «aucune distinction» entre les différentes révélations. Voici deux versets qui portent le message que je viens de mentionner.

Le Messager a cru en ce qu’on a fait descendre vers lui venant de son Seigneur, et aussi les croyants: tous ont cru en Allah, en Ses anges, à Ses livres et en Ses messagers; (en disant): ‹Nous ne faisons aucune distinction entre Ses messagers›. Et ils ont dit: ‹Nous avons entendu et obéi. Seigneur, nous implorons Ton pardon. C’est à Toi que sera le retour›. Sourate 2:285 Al-Baqarah (La Vache)

Dites: ‹Nous croyons en Allah et en ce qu’on nous a révélé, et en ce qu’on n’a fait descendre vers Abraham et Ismaël et Isaac et Jacob et les Tribus, et en ce qui a été donné à Moïse et à Jésus, et en ce qui a été donné aux prophètes, venant de leur Seigneur: nous ne faisons aucune distinction entre eux. Et à Lui nous sommes Soumis›. Sourate 2:136 Al-Baqarah (La Vache)

Le premier aya nous dit qu’il n’y a pas de distinction entre les apôtres – ils devraient tous être écoutés et le second dit qu’il n’y a pas de différence entre les révélations données par les différents prophètes – ils devraient tous être acceptés. Dans aucun de ces versets y-a-t-il de suggestion que la révélation antérieure doit être écartée parce que la révélation actuelle l’a remplacée.

Et ce modèle correspond à l’exemple et l’enseignement de Isa al Masih (PSL). Lui-même ne dit JAMAIS que les premières révélations de la Thora, ou du Zabur ont été annulées. En fait, il a enseigné le contraire. Notez le respect et l’attention constante et permanente qu’il porte à la Thora de Moïse dans son propre enseignement dans l’Injil

»Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. En effet, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre n’auront pas disparu, pas une seule lettre ni un seul trait de lettre ne disparaîtra de la loi avant que tout ne soit arrivé. Celui donc qui violera l’un de ces plus petits commandements et qui enseignera aux hommes à faire de même sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les mettra en pratique et les enseignera aux autres, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux.  En effet, je vous le dis, si votre justice ne dépasse pas celle des spécialistes de la loi et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des cieux. (Matthieu 5:17-20)

En effet, pour bien comprendre son enseignement, il faut constater qu’il a enseigné à ses disciples d’aller d’abord à la Thora, puis au Zabour. Voici ce qu’Il a enseigné à ses propres disciples:

Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. (Luc 24:27)

Puis il leur dit: «C’est ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous: il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.» (Luc 24:44)

Notez , s’il vous plaît que dans l’enseignement de Jésus à ses disciples l’un des aspects les plus frappants est son insistance que l’on doit fonder sa compréhension sur la base de l’enseignement de la Thora et du Zabour.

Isa al Masih (PSL) n’a pas tenté de contourner la révélation antérieure. Tout au contraire, il a commencé à partir de ces écritures-là et dans son enseignement, et ses conseils. C’est pourquoi, moi-aussi, je suis aussi son exemple en commençant par la Thora pour établir une bonne base pour la compréhension de l’injil.

 

 

La science de la critique textuelle pour voir si la Bible est corrompue ou non

« Pourquoi est-ce que j’étudierais la Bible ou al kitab? Elle a été écrite il y a si longtemps; elle est passée par tellement de traductions et de révisions – il est plus que certain qu’avec le temps son message original a été modifié et mal compris. » J’ai entendu des questions et des déclarations comme cela plusieurs fois sur les livres de la Thora, Zabour et l’Injil qui composent al Kitab également appelé la Bible.

Cette question est très importante et est fondée sur ce que nous avons entendu parler de al Kitab / la Bible.  Après tout, ce livre a été écrit il y a plus de deux mille ans. À cette époque, il n’y avait pas d’imprimeries, pas de photocopieurs, ni de maisons d’édition. Les manuscrits originaux étaient tous copiés à la main de génération en génération pendant que des langues disparaissaient et que d’autres faisaient leur apparition, pendant que des empires s’effondraient et que d’autres puissances s’élevaient. Puisque les originaux ont disparu depuis longtemps, comment pouvons-nous savoir si ce que nous lisons aujourd’hui dans la Bible/al kitab est conforme à ce qui a été écrit initialement par les auteurs? En dehors de la religion, y at-il des raisons scientifiques ou rationnelle pour savoir si ce que nous lisons aujourd’hui est corrompu ou non?

Beaucoup de ceux qui demandent ces questions ce ne réalisent pas qu’il est une discipline scientifique, connue sous le nom critique textuelle, par lequel nous pouvons répondre à ces questions. Cet article vous donnera les deux principes essentiels utilisés dans la critique textuelle et ensuite les appliquer à la Bible (aussi al kitab). Pour ce faire, nous commençons par cette figure qui illustre le processus par lequel une écriture ancienne est au fil du temps afin que nous puissions le lire aujourd’hui.

Principe n ° 1 dans la critique textuelle

Exemple des différentes étapes avec un document ancien

Le schéma sur la gauche démontre comment certains écrits sont conservés. Ce graphique simplifié nous donne l’exemple d’un document ancien écrit en 500 av. J.-C. La copie originale n’est toutefois pas conservée indéfiniment : elle doit donc être recopiée avant qu’elle ne se détériore ou ne soit perdue ou détruite (1re copie). Des professionnels, appelés scribes, faisaient la transcription. Au fil des ans, des copies étaient faites de la copie (2e et 3e copies). À un certain moment, une copie est con-servée, devenant une copie existante encore au-jourd’hui (3e copie). Dans l’exemple du graphique précédent, la copie encore existante aujourd’hui a été faite en 500 apr. J.-C. Ceci veut dire que nous ne connaissons l’état de ce document qu’à partir de 500 apr. J.-C. En conséquence, la période entre 500 av. J.-C. et 500 apr. J.-C. (représenté par un « X » dans le schéma) est une période où nous ne pouvons pas vérifier les copies puisque tous les manuscrits de cette période ont disparu.

Par exemple, si des erreurs de transcription ont été faites (intentionnellement ou non) quand la 2e copie a été faite de la 1re, nous serions incapables de le savoir puisque nous ne pouvons pas les comparer. Cette période de temps (la période « X ») antérieure aux copies existantes en est donc une d’incertitude quant aux textes. Par conséquent, nous pouvons donc formuler le principe suivant : plus la période de temps «X» est courte plus nous pouvons être confiants de l’exactitude de la copie conservée puisque cette période d’incertitude est réduite.

Principe n ° 2 dans la critique textuelle

Bien entendu, nous avons habituellement plus d’une copie existante encore de nos jours. Supposons que nous ayons deux de ces copies et que dans la même section de chacune d’elle nous retrouvions la traduction de la phrase suivante :

variant readings 2 mauscripts

Avec peu de manuscrits il est plus difficile de détecter les erreurs de copie

L’auteur écrivait soit à propos d’un beau lapin ou d’un beau sapin. Un manuscrit contient donc une erreur de transcription, mais lequel des deux? Selon ce que nous possédons, il est très difficile de le déterminer.

Supposons maintenant que nous ayons deux autres manuscrits de la même œuvre, comme le montre l’illustration suivante :

variant readings with 4 manuscripts

Avec plus de manuscrits, il est plus facile de détecter les erreurs de copie

Il est maintenant plus facile de déduire lequel des manuscrits contient l’erreur. Il est plus probable que l’erreur se soit produite une fois plutôt que trois. Il est fort probable que ce soit le manuscrit no 2 qui contienne l’erreur, et que l’auteur décrivait un beau lapin et non un beau sapin. Cet exemple fort simple illustre un 2e principe que nous pouvons appliquer pour vérifier l’intégrité d’un manuscrit – plus il y a de manuscrits disponibles, plus il est facile de déceler et de corriger les erreurs et d’établir le contenu de la copie originale.

Nous avons maintenant deux indicateurs que nous pouvons utiliser pour déterminer la fiabilité textuelle de la Bible/al kitab :

  1. Établir le nombre d’années séparant le document original et le plus ancien manuscrit existant,
  2. Compter le nombre de copies existantes.

Les manuscrits acceptés: grecque et romaine

Puisque ces principes s’appliquent aussi bien à n’importe quel document ancien, nous pouvons aller de l’avant et les appliquer non seulement à la Bible, mais également à d’autres œuvres anciennes, comme l’illustre le tableau suivant :

ancient classical authors

Liste des auteurs bien connus à partir Empires romains et grecs
de McDowell, J. Evidence That Demands a Verdict. 1979, p. 42-48

Ces auteurs représentent les principaux écrivains classiques de l’Antiquité – leurs écrits ont influencé le développement de la civilisation occidentale. Les copies conservées nous fournissent en moyenne de 10 à 100 manuscrits, environ 1000 ans après la rédaction de l’original.

Les manuscrits de la Bible/al Kitab

Le tableau suivant compare les écrits bibliques (en particulier le Nouveau Testament/Injil) selon les mêmes points d’intérêts :

Ancient BIble manuscripts

Une liste de quelques-uns des manuscrits bibliques anciens
de McDowell, J. Evidence That Demands a Verdict. 1979, p. 42-48

La quantité de manuscrits du Nouveau Testament (Injil) est tellement élevée qu’il est impossible de les énumérer tous dans un tableau. Comme le déclare un érudit qui a passé des années à étudier le sujet :

« Nous avons plus de 24 000 copies de portions du Nouveau Testament (Injil) conservées à ce jour […] ce qui dépasse de beaucoup en nombre tout autre document ancien en plus d’être attestées. En comparaison, l’Iliade de Homère arrive au deuxième rang avec 643 manuscrits toujours existants. »  McDowell, J. Evidence That Demands a Verdict. 1979, p. 40

Un savant du British Museum le confirme :

« Les érudits sont convaincus qu’ils possèdent essentiellement les vrais textes des principaux auteurs grecs et romains…pourtant notre connaissance de leurs écrits dépend d’une poignée de manuscrits, tandis que les manuscrits du Nouveau Testament (injil) se comptent par… milliers. » Kenyon, F.G. (ex-directeur du British Museum) Our Bible and the Ancient Manuscripts. 1941, p. 23

Je possède un livre des premiers documents du Nouveau Testament. Il commence avec,

Ce livre fournit des transcriptions de 69 manuscrits du Nouveau Testament les plus tôt …daté d’à partir du début du 2ème siècle jusqu’au début du 4ème … (100-300 après JC) et ils contiennent 2/3 du texte du Nouveau Testament

En d’autres termes, beaucoup de ces manuscrits existants sont très tôt, seulement une centaine d’années après les écrits originaux du Nouveau Testament. Ces manuscrits venir plus tôt que l’arrivée au pouvoir de Constantin et l’église romaine. Et ils sont répartis dans le monde méditerranéen. Si quelques-uns d’une région ont été corrompus, nous verrions la différence en le comparant avec des manuscrits provenant d’autres régions. Mais ils sont les mêmes.

Quelles conclusions pouvons-nous tirer de ceci? Au moins dans ce que nous pouvons objectivement mesurer en temps (selon les mss existants et la durée de temps entre l’original et les plus vieux manuscrits) les preuves appuyant le Nouveau Testament surpassent n’importe quelle oeuvre classique de l’Antiquité. Le verdict vers lequel pointe l’évidence est le mieux résumé dans la citation suivante :

« Le scepticisme à l’égard des textes que nous avons du N.T. fait sombrer tous les classiques dans l’obscurité, car aucun autre document de l’Antiquité est authentifié bibliographiquement autant que ne l’est le Nouveau Testament. »  Montgomery, History and Christianity. 1971, p. 29

Autrement dit, pour être logique, si nous décidons de douter de la fiabilité de la conservation de la Bible (al kitab), il vaut mieux rejeter également tout ce que nous savons de l’histoire classique en général – aucun historien averti ne l’a fait. Nous savons que les époques, les langues et les empires se sont succédées à travers les ans, mais les textes bibliques eux n’ont pas été modifiés puisque les plus vieux mss que nous possédons sont antérieurs à ces événements. Par exemple, nous savons qu’aucun moine un peu trop zélé du Moyen Âge ne peut avoir ajouté aux miracles attribués à Jésus dans les écrits bibliques puisque tous les manuscrits précédant cette période les contenaient déjà. Et pour les mêmes raisons, nous savons qu’aucun pape ou l’empereur romain Constantin a changé la Bible, puisque nous avons des manuscrits qui sont antérieures à Constantin et les papes et tous ces anciens manuscrits contiennent les mêmes comptes.

Ceci est illustré dans la chronologie ci-dessous où les sources manuscrites qui sont utilisés dans la traduction de bibles modernes sont présentés à venir très tôt.

Bibles modernes sont traduits à partir des premiers manuscrits existants, beaucoup de 100 à 300 ans après JC. Ces manuscrits de sources viennent bien avant Constantin ou d'autres pouvoirs politico-religieux

Bibles modernes sont traduits à partir des premiers manuscrits existants, beaucoup de 100 à 300 ans après JC. Ces manuscrits de sources viennent bien avant Constantin ou d’autres pouvoirs politico-religieux

Ces manuscrits anciens de la Bible ont été écrits en grec ou en hébreu. Aujourd’hui, la plupart d’entre nous lisent la Bible en français ou en anglais. Y at-il des erreurs de traduction? Cette question est repris dans mon article sur les nombreuses versions de la Bible. J’espère que vous aussi prendre le temps de lire les «signes de la Taurat et le Coran» sur ce site. Ce sont les mêmes histoires et les messages des prophètes qui se trouvent dans les anciens manuscrits de la Bible dont nous avons parlé dans cet article.

Si vous comprenez l’anglais, j’ai des vidéos de conférences que j’ai faites à ce sujet sur ​​les universités au Canada. La première porte sur le Nouveau Testament (Injil) et le second est sur le point de l’Ancien Testament (Thora et Zabur).

 

 

 

 

L’Injil a t-elle été corrompue par l’apôtre Paul ou d’autres auteurs de la bible?

Ceci est une très bonne question. Le risque cependant est de se la poser en ayant déjà à l’esprit une réponse superficielle.“ Bien sûr que l’Injil a été corrompue par Paul ou un des autres auteurs de la bible (al Kitab)”, peut-on répondre hâtivement sans vraiment trop y réfléchir, simplement par ce que c’est ce que l’on a entendu dire. Ou alors on peut penser “Bien sur que non! Quelle drôle d’idée” et là encore sans vraiment savoir pourquoi si ce n’est que c’est ce que l’on nous a enseigné. Ceci est le risque pour tout ceux qui s’interrogent sur les Livres Sacrés. Soit on rejette leur caractère sacré sans y réfléchir – parce que l’on nous a enseigné à penser qu’il n’y a pas vraiment de livres sacrés – ou alors on rejette la question d’emblée parce que, encore une fois, elle n’est pas en phase avec ce que l’on a appris.

Autres sources que Paul à l’origine de l’écriture du Nouveau Testament

Gardant ces considérations à l’esprit, je souhaite partager mon opinion et mon raisonnement sur ce sujet. Considérons d’abord les auteurs autres que Paul. Ces auteurs furent les disciples d’ Isa (PSL), ses compagnons. C’était ceux qui le suivaient, l’écoutaient, discutaient de ce qu’il faisait et ce dont il parlait à la fois en privé et en public. Certains d’entre eux, tels que Jean, Mathieu et Pierre faisaient parti des 12 plus proches d’Isa. Ils écrivirent huit des livres du Nouveau Testament. D’autres, tel que Marc, faisaient parti d’un autre groupe de proches sympathisants d’Isa (PSL). Les autres auteurs (en dehors de Paul) étaient les frères d’Isa (PSL) – Jacques et Jude. Ils grandirent avec Isa (PSL) et après la passage d’Isa (PSL), Jacques devint le leader des disciples à Jérusalem. Il est d’ailleurs fait mention de Jacques dans les textes historiques juifs du 1er siècle après J.C. Durant ce siècle, un grand historien militaire, du nom de Flavius Josèphe, écrivit plusieurs livres d’histoire pour les Empereurs romains de l’époque. Dans un de ces livres, relatant les événements se déroulant à Jérusalem en l’an 62 ap. J.C (32 ans après la passage d’Isa), il décrivit comment Jacques, le frère d’Isa, fut martyrisé par les juifs, ses concitoyens. Voici la façon dont il relate les faits:

« Anan (le haut prêtre) était impulsif. Proches des Saducéens, qui étaient impitoyables lorsqu’ils se trouvaient à juger lors d’une accusation, Anan pensait que Festus, étant mort et Albinus étant toujours en chemin il aurait l’opportunité d’exercer son autorité. Convoquant les juges du Sanhedrin (le conseil juif en place) il leur amena un homme nommé Jacques, le frère de Jésus qui était Il les accusa d’avoir transgressé la loi, et les condamna à être lapidé. » Flavius Josèphe. 93 AD. Antiquités xx 197.

Comme l’explique Flavius Josèphe, Anan, venait juste d’être nommé haut prêtre à Jérusalem en 62 AD. Il régnait à ce moment là une agitation politique. Anan profita de cette opportunité pour condamner Jacques à mort. Trente ans auparavant, son père (qui s’appelait également Anan) avait condamné Isa à mort (PSL) et Anan, le fils, saisi l’opportunité pour faire de même avec Jacques. Ainsi, Jacques devint une cible du fait de son rôle de leader à Jérusalem avec les disciples d’Isa al Masih son frère (PSL), à Jérusalem.

Que dit le Coran à propos des disciples d’Isa (PSL)?

Il s’agit donc là ces hommes qui écrivirent les livres du Nouveau Testament – autres que les livres de Paul. Afin de juger si oui ou non ils corrompirent l’Injil nous pouvons tout d’abord examiner ce que dit le Coran. J’ai trouvé l’ayat suivant:

Puis, quand Jésus ressentit de l’incrédulité de leur part, il dit: ‹Qui sont mes alliés dans la voie d’Allah?› Les apòtres dirent: ‹Nous sommes les alliés d’Allah. Nous croyons en Allah. Et sois témoin que nous Lui sommes soumis.  Seigneur! Nous avons cru à ce que Tu as fait descendre et suivi le messager. Inscris-nous donc parmi ceux qui témoignent›.(Surah 3: 52-53 al-Imran)

Et quand J’ai révélé aux Apòtres ceci: ‹Croyez en Moi et Mon messager (Jésus)›. Ils dirent: ‹Nous croyons; et atteste que nous sommes entièrement soumis›.(Surah 5:111 – al Maidah)

Ces ayat nous disent de façon simple que les disciples d’Isa (Jésus – PSL) étaient a) les aides d’Isa b) Les aides d’Alla, c) et étaient inspirés par Allah à avoir foi en Isa (PSL). Les disciples, dont il s’agit ici dans le Coran, ne sont nul autres que Mathieu, Pierre et Jean qui ont écrit huit des livres du Nouveau Testament, deux d’entre eux étant des livres de l’Evangile (Evangiles de Mathieu et de Jean). Quant à Marc, proche également d’Isa mais ne faisant pas parti des 12, il a écrit un des quatre évangiles. Il semblerait que si l’on croit au Coran, alors on devrait également accepter les écrits de ces disciples. Ces auteurs n’aurait absolument pas pu corrompu l’Injil. Lorsque l’on étudie les évangiles, les textes des disciples se trouvent confirmés par le Coran. Paul n’a pas écrit de récit évangélique, mais plutôt des lettres sacrées.

Au Canada où j’habite actuellement, peu de personnes reconnaissent le fait qu’il puisse y avoir un livre provenant d’Allah lui même. L’existence de la bible ou du coran ne signifie pas qu’ils en acceptent le contenu. Ils préfèrent en fait des sources historiques séculières parce que, à leurs yeux, elles sont plus objectives. Mais, nous avons pu voir dans les textes de l’historien Flavius Josèphe référencé ci-dessus qu’il y a des fondements solides permettant d’accepter les textes de Jacques et par extension, ceux de son autre frère Jude. Qu’elles soient de sources séculières ou coranique, il existe des raisons logiques d’accepter les livres du nouveau testament dont Paul n’est pas l’auteur.

Le Témoignage de Isa (PSL) : La Torah et le Zabour sont les premiers modèles

Qu’en est-il d’Isa (PSL) lui même ? Que voulait-il donner de témoignage que nous devrions accepter? Remarquez d’où qu’il appel à un témoignage inaltérable de lui même et de son message.  Nous voyons ici qu’Isa PSL (qui parle) utilise la Torah (livre de Musa ou Moïse – PSL) pour corriger toute erreur au sein des experts de la loi juive (Sharia).

«En ce qui concerne la résurrection des morts, n’avez-vous pas lu dans le livre de Moïse ce que Dieu lui a dit, dans l’épisode du buisson: Je suis le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob?  Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous êtes complètement dans l’erreur.» Marc 12:26-27

Et ici nous voyons qu’Isa (PSL) se réfère d’abord à la Torah puis au Zabour (les prophètes et les psaumes) pour clarifier son rôle en tant que Messie (ou Masih).

Alors Jésus leur dit: «Hommes sans intelligence, dont le cœur est lent à croire tout ce qu’ont dit les prophètes!  Ne fallait-il pas que le Messie souffre ces choses et qu’il entre dans sa gloire?» Puis, en commençant par les écrits de Moïse et continuant par ceux de tous les prophètes, il leur expliqua dans toutes les Ecritures ce qui le concernait. Luc 24:25-27

Puis il leur dit: «C’est ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous: il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes.» Alors il leur ouvrit l’intelligence afin qu’ils comprennent les Ecritures (Luc 24:44-45)

Et ici encore nous voyons qu’Isa (PSL) se réfère tout d’abord à la Torah (textes de Moïse) pour juger le rôle du Messie (Masih).

En effet, si vous croyiez Moïse, vous me croiriez aussi, puisqu’il a écrit à mon sujet. Mais si vous ne croyez pas à ses écrits, comment croirez-vous à mes paroles? (Jean 5:46-47)

Nous voyons d’abord qu’Isa (PSL) fait référence à Moïse (la Torah), puis aux Prophètes et aux Psaumes (le Zabour) pour expliquer le rôle et la mission du Messie (Masih). De la même façon, j’ai choisi d’examiner dans un premier temps la Torah pour initier mon travail de recherche.  Les textes se trouvant dans Signes de Adam, Cain&Abel, Noe, etc.. trouvent leur origine dans la Torah (et le Coran). Isa (PSL) nous encourage à initier notre réflexion par l’étude de la Torah dans laquelle nous apprenons comment les Signes permettent de comprendre les mystères de l’Injil.

A propos de Paul

Et Paul ? Qu’en est-il de ces textes ? Comment devons nous les considérer?  L’étude de la Torah et du Zabour (la connaissance des signes communiqués par Allah), et l’étude des livres des disciples et frères d’ Isa (PSL) nous donne une connaissance suffisante pour discerner si les écrits de Paul contredisent ou confirment ce que nous avons précédemment appris. Sans cette connaissance des textes fondamentaux, il est impossible de savoir réellement si les textes de Paul ont été corrompus ou pas. Afin de maintenir la légitimité de notre recherche nous ne nous référerons pas à Paul parce que ses références sont parfois remis en question.

Quand j’habitais en Algérie, j’étais entouré de personnes qui parlaient arabe et j’entendais la langue tout le temps. Malgré tout, comme je ne connaissais pas la langue arabe, je n’étais pas capable de décider si ce que j’entendais était de l’arabe correct ou pas. Les limites pour estimer la qualité de la langue étaient en moi et non chez les personnes qui parlaient autour de moi. Je n’avais pas assez de connaissance pour juger correctement. Il y a quelques années, j’ai suivi un cours de langue arabe. J’ai entendu un bon nombre de personnes (issues de professions variées) qui m’ont dit que la personne qui donnait ce cours parlait un arabe « correct ». Il avait la réputation d’être un bon enseignant. C’est ainsi qu’en suivant ce cours, que je savais de bonne qualité, j’ai commencé à apprendre un peu d’arabe. Malheureusement, je n’ai pas pu poursuivre le cours. Cependant, si je l’avais fait, j’aurai été un jour en mesure de discerner si l’arabe que j’entendais était un arabe correct ou non.

Nous utilisons exactement le même procédé pour développer une compréhension solide des Signes d’Allah. On commence donc par la Torah, considérée de façon unanime comme étant correct, puis par les écrits des disciples. Ces bases nous permettent de juger si d’autres écrits, tels que ceux de Paul, ont été corrompus ou non. Le risque pour tout ceux qui sont en quête du Droit Chemin est soit d’accepter trop facilement, comme étant une révélation, ce qui devrait être rejeté ou alors de rejeter trop hâtivement les livres qu’Allah a destiné pour notre enrichissement. En procédant de cette façon, dans l’humilité et la prière devant Allah, en lui demandant de nous guider, nous avons l’assurance de ne pas tomber dans l’erreur et ainsi de rester dans le droit chemin.